SOUS LES PROJET-CTEURS I C'est quoi que t'as dans ton assiette?

Dans une classe de 2ème secondaire, option expression française, l’enseignante remarque une sensibilité particulière de ses élèves pour la nature. Pourtant, ces jeunes ont des idées et conceptions parfois très éloignées de la réalité en ce qui concerne la campagne qui les entoure. En association avec la bibliothèque communale de Mouscron, un projet va peu à peu naître avec comme slogan : “L’agriculture est l’avenir de l’homme”.
 
L’idée globale du projet consiste dans la réalisation d’une série d’interviews d’acteurs dans le secteur de la production et de la vente alimentaire, dans le but de faire prendre conscience aux élèves de l’importance du développement durable, notamment au regard de la crise agricole actuelle. 
 
Après avoir proposé l’idée aux élèves et récolté leurs impressions, les deux porteuses du projet – enseignante et bibliothécaire associées - ont diffusé le documentaire “Comment nourrir tout le monde ?”. Cela permit à la classe d’exprimer leurs premières remarques concernant les enjeux de l’agriculture et d’aborder le concept du “local/global” dans ce cadre. Les élèves ont ensuite joué à ”De la terre à l’assiette“, le jeu de l’oie du CNCD, ce qui permit d’établir des liens avec le documentaire et susciter des questionnements.
 
Sur ces premières bases, les élèves ont ensuite été invités à réfléchir à un aspect de la thématique de leur choix, qu’ils auraient envie de creuser. Les idées ont fusé dans tous les sens, pas évident de canaliser les nombreux intérêts des élèves !
 
C’est grâce à l’aide d’un journaliste que le projet a pu être affiné. Ce dernier s’est rendu en classe, a expliqué son métier au groupe d’élèves et leur a transmis les clés pour réaliser un bon travail d’investigation. Il a alors aidé les élèves à cibler leurs objectifs parmi toutes leurs idées pour aboutir à un thème précis à travailler : “le développement durable par la consommation locale“. Ce sujet a été jugé pertinent car il permet de nombreuses rencontres dans un environnement proche à l’école.
 

Cultiver sa curiosité

Le projet bien défini, les interviews ont pu commencer. Après une préparation en classe des questions à poser et une introduction aux acteurs qui allaient être rencontrés, les élèves sont partis enquêter.
 
Tout d’abord, ils ont rencontré une des responsables de « Fraternités Ouvrières », association spécialisée en permaculture et vente de graines à petit prix. Si la visite s’est déroulée sous la drache (bienvenue en Belgique !), elle aura permis aux élèves de se rendre compte notamment qu’il est possible d’intervenir sur sa consommation, même à quelques centaines de mètres de l’école !
 
La seconde interview s’est déroulée chez « Potager d’antan », pour poser un regard sur un petit producteur biologique local. L’intérêt principal était de voir en quoi la consommation locale peut avoir des répercussions écologiques et économiques.
 
Lors de chaque visite, les élèves ont eu droit à des séances de dégustations qui ont marqué plus d’un. En effet, ils avaient préalablement, durant une semaine entière, photographié ce qu’ils avaient mangé. Ils s’étaient alors rendu compte que beaucoup partageait le même type d’alimentation… avec un impact écologique certain. Par ces dégustations, les élèves ont pu s’ouvrir à de nouvelles saveurs et à de nouveaux horizons (vous saviez qu’il existe des centaines de graines de tomates différentes ?).

 

Une fierté de montrer sa réalisation au public extérieur de l’école

Aujourd’hui, le projet n’est pas fini mais en est à un tournant important : les deux premières interviews déjà réalisées ont été montées et présentées ces 9 et 10 janvier au festival du film durable « Ma terre For&Ver » où le documentaire est passé en boucle dans le hall d’entrée – de quoi rendre nos élèves fiers de leur travail ! 
 
À côté du film, les deux porteuses du projet avaient disposé des mots des élèves sur ce qu’ils ont retenu de leur travail jusqu’à présent. En général, on peut noter que leur intérêt pour les produits biologiques a grandi et qu’ils souhaitent prendre davantage de temps pour lire les étiquettes au supermarché. Une élève a même demandé à ses parents d’installer un potager dans leur jardin.
 

Et le projet n’est pas fini !

Pour la suite, d’autres interviews sont à prévoir avec, notamment, une vision d’une agriculture intensive – pour faire des parallèles avec les premières rencontres – et celle d’un gérant de rayons fruits et légumes d’un supermarché belge – pour voir dans quelle mesure il est possible d’acheter des produits locaux en grande surface. 
 
Le journaliste reviendra aussi en classe et donnera des éventuels conseils aux élèves pour améliorer leur travail. Et, d’ici là, pourquoi ne pas envisager une collaboration avec les professeurs d’EDM et de sciences ? Le timing est serré, la classe souhaiterait présenter le film intégral lors de l’exposition de fin d’année de l’école. Encore beaucoup de travail à réaliser, donc. Mais le projet est déjà bien en route !
 
Alors, on se donne rendez-vous fin juin pour voir le résultat final ?

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