SOUS LES PROJET-CTEURS I À la rencontre des MENA

À Sainte-Marie, les élèves – et plus spécifiquement ceux de 3è – arrivent dans l’école après un parcours scolaire pas toujours facile et avec des origines très diverses. Sur base de cette constatation, une dizaine d’enseignants ont décidé de travailler ensemble autour d’un projet commun : « Regards croisés avec des MENA ». 
 
« Nous avons monté ce projet pour favoriser l’intégration des élèves au sein de l’établissement. Comme eux, les MENA connaissent aussi des problèmes d’intégration. C’était notre motivation de départ pour monter un projet en ECM », nous expliquent les enseignants, lors de l’évaluation finale de leur projet. Plus particulièrement, le but était de conscientiser les élèves de toute l’école à la situation des MENA, tout en offrant un lieu d’échange culturel et artistique à chacun.
 

Un projet, plusieurs étapes

Concrètement, le projet fut étalé sur toute l’année et jalonné de nombreuses étapes. Difficile donc de vous résumer tout ce qui a été mis en place dans l’école pour ouvrir les yeux des élèves sur la problématique des MENA et de la migration ! 

Essayons tout de même …
 
D’abord, il y a eu l’inoubliable rencontre avec les MENA. Enfin, “les” rencontres, puisqu’il y en a eu six au total, tantôt à l’école, tantôt dans le centre des jeunes immigrés. Beaucoup d’échanges ont eu lieu, chacun a parlé de lui, de sa vie mais aussi de comment il voyait son futur. C’est à ce moment que le décloisonnement a eu lieu : les différences sont bien là, et les stéréotypes détruits.
 
Puis, les élèves et les MENA ont pu travailler ensemble sur divers projets artistiques, à l’école-même. Au menu : sérigraphie, atelier vidéo, réalisation de cartes mentales, de dessins et de t-shirts à l’effigie du projet pour chacun. Un repas international, où chacun apportait sa spécialité, a également été organisé. Comme on peut le constater, il s’agit donc d’un processus où l’expression artistique est mise en valeur pour permettre aux uns et aux autres d’échanger et où l’écrit n’est que peu présent
 
Dans ce projet, les élèves ont revêtu le rôle de guide, c’est-à-dire que ce sont eux qui ont accompagné et guidé les MENA dans les diverses phases artistiques. Le projet se voulait collectif, interdisciplinaire et interclasses. Une heure de cours par semaine était d’ailleurs consacrée à cet aspect spécifique du projet, pour aider les élèves dans leur mission, répondre aux questions et, surtout, voir évoluer l’enthousiasme de tous !
 
Parmi les nombreuses activités réalisées, les élèves ont aussi eu l’occasion d’aller au théâtre. Ils ont en outre récolté des vêtements pour les redistribuer à leurs nouveaux camarades. Parallèlement à ça, les élèves ont réalisé un documentaire sur leur quartier, à la rencontre des habitants et commerçants du coin et à la découverte des trésors architecturaux des rues. Un nouveau regard sur leur quotidien !
 
Pour pousser la conscientisation encore plus loin, l’ensemble des élèves de l’Institut se sont rendus au cinéma pour voir le film « The art of becoming » qui présente le récit de trois MENA. La projection était suivie par une intervention/échanges avec Fedasil. L’occasion pour chacun de s’exprimer sur le sujet !
Enfin, l’ensemble des réalisations a été mis en valeur lors de la journée porte-ouverte de l’école, sur le webzine mais également dans le magazine « SM’ART » (pour "Sainte-Marie Art").
 

Vient le temps de l’évaluation, pour les enseignants

En fin de projet, un temps d’évaluation était prévu entre les enseignants porteurs du projet et le collaborateur éducatif provincial, qui les a suivi et appuyé tout au long de leur parcours. Ce moment était l’occasion d’évaluer ce qui a fonctionné mais aussi ce qui serait à améliorer pour le futur. Un moment clef dans le processus !

Le RDV est pris, dans la salle des profs de l’école. Qu’ont donc pensé les enseignants de leur projet ?
Si un tel projet peut être lourd à porter par moments (motivation des élèves, lourdeurs administratives, etc.), les enseignants soulignent la richesse du travail interdisciplinaire, la pluralité des publics et des rencontres. Le savoir-être et le travail en équipe a été également clairement mis en avant.
 
À travers la rencontre avec les MENA, ce projet aura permis aux élèves de changer leur conception sur les notions de frontières, de mondialisation et d’interaction. « Ils ont été en confrontation avec la réalité, qui n’est pas toujours telle qu’ils imaginaient – par exemple, les élèves pensaient que les MENA viennent ici en traversant des déserts et la mer alors que certains ont simplement pris l’avion», nous racontent les enseignants.
 
Au final, nos enseignants sont toujours motivés et prêts à continuer dans leur lancée. Ils voudraient d’ailleurs inviter d’autres enseignants à joindre leur petit groupe et, ensemble, organiser une semaine ”ateliers” durant laquelle tous les enseignants se mélangent et travaillent ensemble pendant les 5 jours sur une même production, pour décloisonner les cours et mener le projet dans un seul élan de motivation. Voilà encore une belle idée de projet, à soumettre à Annoncer la Couleur ?!
 
 
 
 
 

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