Les déchets ? Jamais par terre [i]. Tel est le slogan qui flashe le long des routes en ce moment. Les déchets sont un problème dans nos modes de vie, un résidu de nos organisations industrielles, fossiles, nucléaires… Ils pèsent le long des routes, des sentiers, dans l’air lourd des incinérateurs, dans le fond noirci des océans, dans des décharges sauvages à l’autre bout de la terre, sur notre avenir d’humains dans la nature.

Et si nous changions de paradigme ? Si les déchets pouvaient un jour se retrouver par terre et en profiter pour nourrir nos sols. Et ainsi ne plus être des déchets. Si les déchets pouvaient passer d’objets en objets jusqu’à s’élimer complètement ? Si la notion même de déchet disparaissait, que le mot s’amenuisait au point de sortir des dictionnaires post-contemporains ? 

Mieux ! Si nous prenions la tangente ? Si nos comportements humains entraient tellement en symbiose avec le monde qui nous entoure qu’ils le rendait encore meilleur, plus beau, plus luxuriant, un peu comme chaque organisme produit par nos écosystèmes qui retourne dans la boucle pour la régénérer ? Si nous cherchions à universaliser la recherche des impacts positifs ?  

Il y a du défi là-dedans. Un angle d’approche à changer. Une étincelle dans le regard qui se pose plus loin. Une créativité à explorer. Et une envie de faire émerger les nouveaux Michel-Ange, Botticelli et Léonard de Vinci de notre siècle [ii], non ?

Nous amener à changer de paradigme c’est ce que fait Isabelle Delannoy [iii] dans son livre « L’économie symbiotique, régénérer la planète, l’économie et la société ». Elle revisite la notion d’économie à travers l’angle de la symbiose, association étroite et pérenne de deux organismes différents, qui trouvent dans leurs différences leurs complémentarités. La croissance de l’un permet la croissance de l’autre et réciproquement [iv]. L’approche se nourrit d’exemples ayant chair à petite échelle ou à grande échelle et trouve son sens en un système cohérent et exponentiel.

Comme pivot de la réflexion, il y a les capacités humaines à entrer et faire entrer en réseau permettant de basculer dans une vision et un rôle positifs de l’espèce humaine au sein de la biosphère. L’intelligence humaine entre en résonance avec son milieu naturel et l’humain sert de catalyseur.

Et les déchets dans tout cela ? Les déchets, on n’en parle pas. On parle plutôt de gestion des ressources avant qu’elles ne retournent offrir leur tribu à la terre. Le plastique devient du bioplastique qui renourrit la flore des bords de mer, l’énergie vient de l’eau, du soleil, de la géothermie, et est gérée localement, les matières premières sont recyclées jusqu’à devenir poussière, l’obsolescence est aussi sortie du dictionnaire, le matériel passe de mains en mains et crée du lien social et de la richesse…

Les éléments dans la marmite ne sont pas différents du système actuel. C’est la façon de les associer qui change [v]." 

Le cadre de la recherche est posé. Maintenant il faudrait que les idées essaiment, qu’elles cherchent de nouvelles connections, qu’elles s’explorent. Il faudrait des Botticelli, des Michel·èle-Ange et des Léonard·e mais aussi des Pragmatiques, des Explorateur·rice·s, des Concret·ète·s. Il faudrait des classes entières qui osent, proposent, se muent en laboratoires d’innovations. Il faudrait des Enseignant·e·s-Pionnier·ère·s pour marcher avec elles.

Ressources pédagogiques

Un incontournable : https://www.dailymotion.com/video/x973g3

Prendre conscience de nos déchets :

Réduire sa production : https://www.annoncerlacouleur.be/ressource_pedagogique/la-question-des-dechets

Lancer un projet : guide pour se lancer et exemple en images 

Do it yourself at school

 

 

Références

[i] Campagne SOFICO 2020

[ii] Isabelle Delannoy, l’Economie Symbiotique, régénérer la planète, l’économie et la société, Domaines du possible, Actes Sud, p.157

[iii] Agronome, environnementaliste française, coscénariste du film Home avec Yann-Arthus Bertrand.  https://www.youtube.com/watch?v=xQ3BoOCSdXE

[iv] Idem, p.52

[v] Idem, p.32