Une journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien ? Une occasion que nous avons décidé de saisir pour relever certains éléments et questionnements sur ce conflit, ou devrions-nous dire apartheid, vieux de plus de 70 ans et sur ses conséquences quotidiennes.

La situation du peuple palestinien réveille souvent de nombreuses émotions, il est donc important de prendre en considération certains éléments à cet effet. Vous pouvez trouver quelques pistes ici.

Pourquoi le  29 novembre ? Cette date a été choisie en 1978 en commémoration de la date à laquelle le plan de partage de la Palestine a été proposé en 1947. Un choix curieux ? Surtout quand on sait que cette date a une signification différente pour les deux peuples. En effet, ce plan a été rejeté par les autorités palestiniennes car jugés injuste et allant à l’encontre de la volonté des populations locales, marquant ainsi le début de la guerre civile. Cependant quand on regarde aujourd’hui l’évolution des territoires palestiniens et l’expansion d’Israël, il y a lieu de se questionner sur ce qu’il s’est passé et comment nous en sommes arrivés là. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent contre l’utilisation du mot conflit par nos médias et dénoncent un Apartheid.  Voir un petit rappel historique ici.

 

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Photos : Monde Diplomatique, Voix des faits : la Palestine en cartes, citations, faits et chiffres

 

Alors que l’Apartheid qui a été mis en place en Afrique du Sud a été vivement critiqué, dénoncé, et le pays a été boycotté, la solidarité avec le peuple palestinien est encore parfois questionnée. Associant malicieusement le discours de libération du peuple palestinien à de l’antisémitisme. Ce qui pose des questions sur les discours de propagande et de manipulation de l’émotion dans nos médias.

Nous avons voulu porter ici notre regard principalement sur les questions liées à l’éducation. La situation est telle qu’aujourd’hui de nombreux·ses palestinien·nes doivent passer des « check-points » pour accéder à l’école. De nombreuses écoles sont menacées de destruction car elles se trouvent en Zone C, contrôlée par l’État d’Israël et ne bénéficient donc pas de permis de construction officiel car presque impossible à avoir pour le peuple Palestinien. Parmi celles-ci, une école a récemment été construite dans la zone de Jéricho avec le soutien de la Coopération de l’Union Européenne et belge.

 

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Photo Enabel en Palestine : Célébration de la journée internationale des droits humains dans les écoles palestiniennes

 

Enabel a débuté son accord de coopération avec la Palestine en 1997, et si dans un premier temps les projets étaient orientés dans le secteur de la construction et des infrastructures, au fil des années, la coopération s’est aussi étendue vers des projets de soutien aux programmes d’éducation et de la gouvernance locale.  

Au niveau de l’appui à l’éducation et accès à l’emploi, il y a plusieurs projets, tant au niveau des infrastructures que de la coopération pour le soutien de la création d’un environnement sain et sûr pour les apprentissages et d’un enseignement de qualité.  

Les projets d’éducation ont pour objectif de renforcer la résilience de la jeunesse palestinienne, de développer des compétences pour l’intégration de cette jeunesse sur le marché du travail. En Palestine, il existe plusieurs enjeux importants : favoriser l’accès à l’éducation, ce qui implique aussi de trouver les moyens de lutter contre le décrochage scolaire. En effet, une des conséquences directes de l’accès difficile à l’école est qu’il provoque un abandon scolaire. Un exemple parmi d’autres de cette situation est que certains parents ne peuvent accompagner leurs enfants jusqu’à l’école et doivent les laisser à ces check-points. Il faut aussi lutter contre le chômage des jeunes diplômé·es. La situation difficile dans laquelle se trouve le peuple palestinien touche aussi l’accès au marché de l’emploi et la possibilité de trouver un emploi décent, avec de bonnes conditions et aussi dû aux limitations de mouvement.

Les collègues en Palestine nous ont témoigné que cette journée internationale n’est ni reconnue ni commémorée :  « C’est surtout quelque chose qui est mis dans l’agenda politique international. En Palestine, on commémore le 15 novembre, qui est la déclaration d’indépendance de la Palestine. Mais c’est toujours un peu étrange de commémorer notre indépendance si nous sommes toujours sous occupation. »

Les questions concernant la Palestine sont complexes, emblématiques et c’est aussi une grande histoire de résilience. La résilience est une force de cette jeunesse prise au cœur de l’apartheid. Le développement des nouvelles technologies et de l’école à distance a aussi un impact positif pour l’accès à l’éducation. De nombreuses initiatives sont mis en place pour renforcer cette résilience et cette jeunesse qui continue de lutter pour l’accès à ses droits et de montrer que malgré ces nombreux défis il existe des histoires positives.

L’occupation et le contrôle d’Israël sur le peuple et la Palestine est un enjeu politique mondial où la diplomatie a un impact limité voire défaillant. C’est pourquoi il est important de faire entendre les voix du peuple palestinien, et de rappeler les droits du peuple palestinien, comme celui d’avoir accès à l’école – le devoir de l’état d’Israël d’assurer un accès à l’éducation pour tous et toutes les Palestien·nes.

 

Vidéos :

Une jeune influenceuse raconte l’histoire de la Palestine dans une courte vidéo devenue virale :

https://www.youtube.com/watch?v=OGj1wmEesPA

Ressource :

Palestine, une terre privée d’eau

Comprendre les conflits : Israël-Palestine

Unesco, Journée Internationale de la solidarité envers le peuple palestinien :

« La Journée internationale de la solidarité offre traditionnellement à la communauté internationale l’occasion de concentrer son attention sur le fait que la question de la Palestine n’est pas encore réglée et que le peuple palestinien n’a pas encore atteint ses droits inaliénables tels que définis par l’Assemblée générale, à savoir le droit à l'autodétermination sans ingérence extérieure, le droit à l'indépendance et à la souveraineté nationale, et le droit des Palestiniens de retourner dans leurs foyers et vers leurs biens, d'où ils ont été déplacés. »

Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, UNESCO

Photo de couverture : Enabel en Palestine, projet RiSe, Résilience dans les écoles de Jérusalem-Est