Seuls 23% des jeunes accordent de l’importance à la solidarité : pourquoi ?

Ce qui mobilise les jeunes : leurs valeurs, centres d’intérêt et positionnements

Communiqué de presse - 2 décembre 2019

S’ils ne sont pas touchés, les jeunes ne se bougent pas pour le monde qui les entoure. C’est la conclusion principale d’une étude réalisée pour Annoncer la Couleur.

Les jeunes ont envie de faire bouger le monde mais ils ne l’expriment que lorsqu’ils sont personnellement touchés par une situation d’injustice. Telle est la conclusion de la grande étude réalisée par Annoncer la Couleur, programme de l’Agence belge de Développement Enabel. Bien qu’ils se concentrent sur ce qu’ils vivent au quotidien, l’enquête nous confirme qu’une part non négligeable des jeunes belges francophones a envie de s’engager pour un monde meilleur. Et cela est porteur d’espoir.

Infographie : découvrez le rapport illustré

L’émotion au cœur de l’engagement sociétal

Le sondage, mené par l’institut Dedicated Research en juin 2019 auprès de 500 jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles, vise à mieux comprendre leurs valeurs, leurs préoccupations et leur positionnement sur des grands enjeux de société. Les conclusions vont toutes dans le même sens : les jeunes se recentrent sur eux-mêmes et accordent davantage d’attention à ce qui leur est proche par rapport à la société qui les entoure. Pour plus de 90% des jeunes sondés, la famille, les amis et leur avenir occupent une place importante. C’est à leur référents familiaux qu’ils accordent leur confiance, contrairement aux médias et politiciens, dont ils se méfient fortement. C’est également envers leur entourage direct qu’ils sont le plus solidaires.

Néanmoins, près de 50% d’entre eux affirment vouloir s’engager pour un monde meilleur, empreint de justice et solidarité. Le levier à actionner pour ce faire est l’accroche émotionnelle ; les jeunes s’investissent à partir du moment où ils sont touchés, se sentent concernés et peuvent personnifier (par exemple par un témoignage dans leur classe ou une rencontre).

Concernant les valeurs, le respect, l’honnêteté, la loyauté, la justice et la solidarité sont les plus importantes aux yeux des jeunes. Toutefois celles-ci séduisent moins de 40% des sondés.

Le corps enseignant confirme et propose des solutions

Les résultats du sondage ont été soumis aux enseignant·e·s. Ils/elles confirment ces tendances et les expliquent. « Le recentrement sur leur cercle proche et l’étiolement de l’adhésion à des valeurs humanistes est dû au climat anxiogène qui règne autour des jeunes (actualité, réchauffement climatique, monde « en crise », chômage…). Ils ont tendance à se protéger derrière une identité, un milieu d’appartenance. » explique un des enseignants rencontrés. Par ailleurs, le « moi d’abord » est devenu audible et légitimé par le modèle renvoyé par les adultes.

Mais les enseignants apportent également des solutions pour que les jeunes agissent en citoyen·ne·s responsables et solidaires. Tout d’abord, il convient de les ouvrir au monde en partant de ce qui concerne les jeunes dans leur quotidien, en favorisant une accroche émotionnelle. Les problèmes liés aux crises dans le monde interpellent peu, sauf si les jeunes peuvent les raccrocher à leur vécu. Par exemple, la question de la crise migratoire acquiert une dimension beaucoup plus émotionnelle lorsque les élèves côtoient des primo-arrivants.

Ensuite, les enseignant·e·s en appellent à un meilleur développement de l’esprit critique ; les cours magistraux ne permettent pas, selon eux, d’inciter les jeunes à prendre du recul.  En outre, les profs préconisent d’aborder les choses de manière positive, en montrant ce qui fonctionne, ce qui va bien, « et si on redorait le monde dans lequel on vit ? ».

Enfin la participation des jeunes est essentielle ; les rendre acteurs et actrices et les mettre en projet favorise l’interaction et l’implication.  « L’éducation à la citoyenneté mondiale est donc plus que jamais un axe d’apprentissage indispensable pour une jeunesse qui perd un peu ses repères » nous confie Florence Depierreux, coordinatrice du programme Annoncer la couleur.

 

Infographie : Découvrez le rapport illustré (résumé)

Source : Téléchargez le rapport complet

Le sondage a été réalisé sur un groupe important de 500 jeunes, via un questionnaire en ligne en juin et juillet 2019 et les résultats ont été confrontés aux vécus de 40 enseignant·e·s via des focus groupes et des entretiens approfondis.

 

Contact :

Marie Navarre, responsable communication du programme Annoncer la Couleur

Marie.navarre@enabel.be

0476 92 02 54